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Canicule, changement climatique et valorisation des entreprises : pourquoi le climat devient une variable financière

La canicule qui touche la France à l’été 2026 constitue bien plus qu’un simple événement météorologique. Elle rappelle que le changement climatique est désormais une réalité économique susceptible d’affecter durablement la productivité, les coûts d’exploitation, les investissements et les conditions de financement des entreprises.

Longtemps considéré comme une problématique environnementale ou réglementaire, le risque climatique s’invite progressivement au cœur des analyses financières. Pour les professionnels de la valorisation, la question n’est plus de savoir si le climat aura un impact sur les entreprises, mais comment cet impact doit être intégré dans les hypothèses de croissance, de rentabilité, de besoin en capitaux et de coût du capital qui fondent la valeur économique des actifs.

À travers les travaux les plus récents de la Banque de France, de la BCE, du NGFS, de l’OCDE, de McKinsey Global Institute et de la recherche académique internationale, cet article propose un tour d’horizon des mécanismes par lesquels le réchauffement climatique influence déjà – et influencera de plus en plus – la valorisation des entreprises françaises.

1. Le changement climatique : d’un risque environnemental à un risque financier

Pendant plusieurs décennies, les modèles de valorisation ont implicitement considéré le climat comme une donnée stable. Cette hypothèse est aujourd’hui remise en cause.

Le NGFS, qui regroupe plus de 140 banques centrales et superviseurs financiers, qualifie les risques climatiques physiques — chaleur, sécheresse, inondations, stress hydrique — comme des risques financiers capables d’affecter les actifs, les flux de trésorerie et la solvabilité des entreprises. Le NGFS insiste notamment sur l’interaction entre aléa climatique, exposition géographique et vulnérabilité opérationnelle : ce n’est donc pas seulement la météo qui compte, mais la localisation des actifs, la nature du modèle économique et la capacité d’adaptation de l’entreprise.

La Banque de France rappelle que la France est déjà plus chaude de 1,9 °C par rapport à l’ère préindustrielle, selon Météo-France, et souligne que les événements extrêmes affectent déjà l’activité économique ainsi que le capital public, privé et naturel.

Pour un évaluateur, cela signifie que le climat n’est plus un sujet ESG périphérique. Il devient une variable susceptible de modifier les cash-flows futurs, les hypothèses de croissance, le niveau d’investissement requis, le besoin en fonds de roulement et le taux d’actualisation.

Autrement dit, les fondements mêmes de la valorisation.

2. La chaleur détruit de la productivité : un impact direct sur l’EBITDA

L’effet le plus immédiat concerne la productivité.

L’OCDE a publié en 2024 une étude fondée sur des observations d’entreprises dans 23 économies avancées entre 2000 et 2021. Sa conclusion est particulièrement utile pour les financiers : 10 jours supplémentaires par an au-dessus de 35 °C entraînent en moyenne une baisse de 0,3 % de la productivité annuelle du travail au niveau de l’entreprise. L’OCDE précise que cet effet est comparable à celui observé après une hausse de 5 % des prix de l’énergie.

Le même travail indique qu’une vague de chaleur supplémentaire d’au moins cinq jours réduit également la productivité annuelle des entreprises, ce qui confirme que l’impact ne se limite pas à une journée isolée mais concerne des séquences climatiques complètes.

L’OIT chiffre le phénomène à une échelle macroéconomique : à horizon 2030, le stress thermique pourrait entraîner la perte de 2,2 % du temps de travail mondial, soit l’équivalent de 80 millions d’emplois à temps plein et environ 2 400 milliards de dollars de pertes économiques.

En France, France Stratégie estime que la part des travailleurs exposés à la chaleur se situe entre 14 % et 36 % selon les sources, avec une exposition particulièrement forte dans le bâtiment, l’agriculture, l’industrie et les métiers de terrain.

Pour les secteurs exposés — BTP, agriculture, logistique, maintenance industrielle, travaux publics — la baisse de productivité ne se traduit pas seulement par une gêne organisationnelle. Elle peut affecter directement l’EBITDA via la baisse des heures productives, les réorganisations d’horaires, la hausse de l’absentéisme, les coûts de prévention, les retards de livraison et la moindre efficacité des équipes.

3. Quelques points d’EBITDA peuvent modifier significativement la valeur

Le sujet devient particulièrement important lorsque l’on raisonne en M&A.

Les modèles de valorisation par multiples capitalisent un niveau de résultat récurrent. Dès lors, une dégradation durable de l’EBITDA liée à la chaleur peut avoir un effet immédiat sur la valeur d’entreprise. L’effet peut être amplifié si le marché considère que cette baisse n’est pas ponctuelle mais structurelle.

L’enjeu financier est donc double : d’abord la baisse mécanique des résultats, ensuite la possible contraction du multiple si le risque climatique devient un facteur spécifique du secteur ou de la société.

Les données macroéconomiques confirment que l’impact n’est plus théorique. Allianz Research a estimé que les vagues de chaleur récentes pourraient réduire la croissance européenne de 0,5 point de PIB en 2025, avec un impact pouvant atteindre environ un tiers de point pour la France dans certains scénarios (jusqu’à 210 milliards d’euros de PIB cumulé à la France d’ici 2030).

Une analyse relayée par Reuters indique également que, dans certaines zones européennes plus exposées, les pertes pourraient être sensiblement plus fortes : jusqu’à 1,4 point de PIB pour l’Espagne, 0,6 point pour les États-Unis et autour de 0,3 point pour la France selon les hypothèses d’Allianz.

À l’échelle d’une PME, l’impact peut se matérialiser par des effets très concrets : baisse de rendement sur les chantiers, ralentissement de la production, hausse des coûts énergétiques de refroidissement, pertes de marchandises sensibles à la température, retards logistiques ou renforcement des stocks de sécurité.

Pour l’évaluateur, la question n’est donc pas de constater une baisse ponctuelle de résultat, mais de déterminer si la marge normative doit être ajustée.

4. La consommation : un impact immédiat mais contrasté sur le chiffre d’affaires des entreprises

Si les conséquences de la canicule sur la productivité sont désormais bien documentées, les effets sur la consommation sont tout aussi significatifs. Les épisodes de chaleur extrême modifient profondément les comportements des ménages et provoquent des transferts parfois massifs de dépenses entre secteurs d’activité.

Selon les travaux de la Banque Centrale Européenne, les vagues de chaleur affectent directement la demande de biens et services en modifiant les habitudes de déplacement, les modes de consommation et les arbitrages budgétaires des ménages. Contrairement à une idée reçue, l’impact économique ne se limite pas à une baisse globale de la consommation : il s’agit principalement d’une réallocation sectorielle des dépenses.

Les données observées lors des épisodes de chaleur extrême en Europe illustrent l’ampleur du phénomène.

Lors de l’été 2022, marqué par plusieurs vagues de chaleur historiques, les ventes de climatiseurs ont progressé de plus de 40 % en France selon les distributeurs spécialisés. Dans certains réseaux de bricolage, les ventes de ventilateurs ont augmenté de plus de 300 % lors des semaines les plus chaudes.

Le marché européen de la climatisation connaît d’ailleurs une croissance structurelle. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), le parc mondial de climatiseurs pourrait passer d’environ 2 milliards d’unités aujourd’hui à plus de 5,5 milliards d’ici 2050, faisant du refroidissement l’un des principaux moteurs de consommation énergétique mondiale.

Dans l’alimentaire, les effets sont également très visibles. NielsenIQ et plusieurs fédérations professionnelles ont observé lors des précédentes canicules :

  • des hausses de ventes de glaces comprises entre 20 % et 50 % selon les périodes ;
  • des progressions de 10 % à 30 % sur les boissons rafraîchissantes ;
  • des augmentations significatives sur les eaux embouteillées ;
  • une forte croissance des produits de consommation immédiate.

Certaines enseignes de grande distribution ont même enregistré des pics ponctuels supérieurs à 100 % sur certaines références liées au rafraîchissement lors des épisodes de chaleur les plus intenses.

À l’inverse, plusieurs secteurs subissent des impacts négatifs immédiats.

Une étude publiée par Mastercard Economics Institute a montré que lors des fortes chaleurs observées en Europe du Sud, les dépenses dans certains commerces physiques pouvaient reculer de 3 % à 7 % pendant les épisodes les plus extrêmes, les consommateurs limitant leurs déplacements.

Le tourisme urbain apparaît particulièrement sensible. Les analyses de la Commission européenne du tourisme montrent que les destinations du sud de l’Europe pourraient progressivement perdre une partie de leur attractivité estivale au profit de régions plus tempérées. Certaines études estiment que les flux touristiques européens pourraient se déplacer de plusieurs points de pourcentage vers des destinations plus fraîches à horizon 2050.

Les restaurants sont également exposés de manière différenciée. Les établissements climatisés ou disposant de terrasses ombragées peuvent bénéficier d’une hausse de fréquentation tandis que les établissements non adaptés subissent parfois des baisses sensibles lors des pics de chaleur.

Les activités de loisirs extérieurs figurent également parmi les plus vulnérables. Plusieurs études menées aux États-Unis et en Europe montrent qu’au-delà de certains seuils de température, la fréquentation des parcs, événements en plein air ou activités sportives extérieures peut diminuer de 10 % à 30 % selon les conditions locales.

Pour les PME françaises, l’enjeu dépasse cependant l’effet ponctuel sur le chiffre d’affaires d’un été donné.

Les travaux récents de l’OCDE soulignent que l’augmentation de la fréquence des journées supérieures à 35 °C modifie progressivement les habitudes de consommation des ménages. Les entreprises positionnées sur les marchés de l’adaptation climatique bénéficient ainsi de tendances structurelles de croissance.

Les marchés liés à :

  • la climatisation ;
  • la ventilation ;
  • la gestion de l’eau ;
  • l’efficacité énergétique ;
  • les protections solaires ;
  • la rénovation thermique des bâtiments ;

connaissent déjà des taux de croissance supérieurs à ceux observés dans de nombreux secteurs traditionnels.

Pour un professionnel de la valorisation, la question essentielle n’est donc pas de savoir si une canicule exceptionnelle a généré une hausse ou une baisse temporaire du chiffre d’affaires.

La véritable question est d’identifier si l’entreprise bénéficie — ou subit — une évolution durable des comportements de consommation.

Dans le premier cas, les hypothèses de croissance retenues dans une valorisation pourront être revues à la hausse.

Dans le second, l’entreprise pourrait progressivement faire face à une érosion de son marché adressable, conduisant à une révision des perspectives de croissance, des marges et, à terme, de sa valeur économique.

5. Les CAPEX climatiques : la variable la plus sous-estimée dans les valorisations

La plupart des modèles de valorisation utilisent les investissements historiques comme point de départ pour projeter les CAPEX futurs. Cette pratique devient plus fragile dans un environnement climatique instable.

Les entreprises vont devoir financer des dépenses d’adaptation : refroidissement des bâtiments, ventilation, isolation, gestion de l’eau, sécurisation énergétique, adaptation des process, protection contre les inondations, lutte contre la surchauffe des locaux ou modification des conditions de travail.

McKinsey Global Institute estime que le monde dépense actuellement environ 190 milliards de dollars par an pour se protéger contre les événements climatiques extrêmes. Porter le niveau de protection des populations exposées aux standards des économies développées représenterait environ 540 milliards de dollars par an, et l’analyse à 2 °C de réchauffement évoque un besoin pouvant atteindre 1 200 milliards de dollars par an d’ici 2050 pour protéger les populations exposées, soit près de 1 % du PIB des zones concernées. Plus des trois quarts de ces dépenses seraient liées à la chaleur et à la sécheresse.

Ces montants macroéconomiques ont une traduction directe en valorisation : les CAPEX historiques ne sont pas nécessairement représentatifs des CAPEX futurs.

Dans une approche DCF, cela impose de revoir :

  • les CAPEX de maintenance ;
  • les CAPEX d’adaptation ;
  • les économies d’énergie attendues ;
  • la durée de vie économique des actifs ;
  • les risques d’obsolescence ou d’inadaptation des sites.

L’ADEME recommande désormais aux entreprises d’évaluer les risques climatiques physiques sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, ce qui confirme que l’adaptation ne se limite pas au site principal de production mais concerne aussi les fournisseurs, clients, flux logistiques et infrastructures critiques.

6. Le climat agit également sur le besoin en fonds de roulement

C’est un sujet encore peu documenté dans les valorisations de PME, alors qu’il peut devenir significatif.

Les épisodes climatiques extrêmes peuvent allonger les cycles d’exploitation : constitution de stocks de sécurité, retards d’approvisionnement, tensions sur certaines matières premières, ralentissement de la production, retards de facturation, baisse de rotation des stocks ou hausse des créances clients en cas de tension sur les clients finaux.

Dans l’industrie, le BTP, l’agroalimentaire ou la distribution spécialisée, ces effets peuvent augmenter durablement le besoin en fonds de roulement. Or, une hausse du BFR réduit les flux de trésorerie disponibles et donc la valeur.

L’Agence européenne pour l’environnement estime que les événements météorologiques et climatiques extrêmes ont causé 822 milliards d’euros de pertes économiques dans l’Union européenne entre 1980 et 2024, dont plus de 208 milliards d’euros entre 2021 et 2024, soit 25 % du total sur les quatre dernières années seulement.

Cette accélération des pertes illustre un point important pour les financiers : le risque climatique n’est pas linéaire. Il peut produire des chocs de trésorerie, des ruptures d’approvisionnement ou des pertes d’actifs concentrées sur des périodes courtes.

Pour les sociétés à faible marge ou forte intensité en BFR, ces chocs peuvent peser sur la dette nette, les covenants bancaires et les besoins de financement.

7. Le coût du capital : la révolution silencieuse des valorisations

C’est probablement le sujet le plus important pour les experts financiers.

Traditionnellement, le taux d’actualisation repose sur le taux sans risque, la prime de marché, le bêta, la structure financière et les primes spécifiques. Le risque climatique peut progressivement s’intégrer dans chacune de ces composantes : bêta sectoriel, prime spécifique, coût de la dette, couverture assurantielle et liquidité de l’actif.

La BCE intègre déjà les risques climatiques dans ses stress tests et a conduit un exercice portant sur environ 4 millions d’entreprises et 1 600 banques de la zone euro. Les travaux de la BCE rappellent que les risques physiques varient fortement selon les pays, les secteurs et les types d’aléas, avec une exposition importante aux risques de chaleur, de pénurie d’eau, d’inondations ou de montée du niveau de la mer.

En 2025, des travaux du NGFS et de superviseurs bancaires relayés par Reuters ont estimé qu’une succession d’événements climatiques extrêmes pourrait réduire le PIB de la zone euro de près de 5 % dans les cinq ans dans un scénario sévère, soit un ordre de grandeur comparable aux chocs de la crise financière ou de la pandémie.

Pour les banques, cette évolution peut se traduire par un renforcement des analyses de risque crédit. Pour les entreprises les plus exposées, le coût de financement peut augmenter via une prime de risque climatique, des exigences supplémentaires en matière de garanties, une révision des politiques d’assurance ou une moindre appétence des prêteurs.

En valorisation, une hausse du WACC a un effet puissant car elle affecte l’ensemble des flux futurs. L’analyse climatique devient donc un sujet de taux, pas seulement de flux.

8. Les secteurs français susceptibles de subir une décote climatique

Tous les secteurs ne seront pas affectés de la même manière.

L’agriculture est exposée au stress hydrique, aux pertes de rendement, à la volatilité des prix et à l’augmentation du coût de l’irrigation. Les impacts climatiques affectent à la fois les volumes, les marges et la volatilité des résultats.

Le BTP et les travaux publics sont exposés aux fortes chaleurs, à la réorganisation des horaires, aux arrêts de chantiers, aux risques de sécurité et à la baisse du rendement journalier. France Stratégie identifie le bâtiment parmi les secteurs où les travailleurs sont les plus exposés à la chaleur.

L’industrie lourde est concernée par les besoins de refroidissement, la dépendance à l’eau, la hausse des coûts énergétiques et la vulnérabilité des actifs physiques. Les entreprises qui dépendent de sites industriels anciens ou mal adaptés peuvent être pénalisées par des CAPEX climatiques plus élevés.

La logistique peut être touchée par la déformation des infrastructures, les tensions sur les plateformes, les retards de transport, la hausse des coûts d’entreposage frigorifique et les ruptures de supply chain.

Le tourisme pourrait connaître une recomposition géographique et saisonnière : baisse d’attractivité de certaines zones en période estivale, extension de saisons dans d’autres régions, pression accrue sur les ressources en eau, exposition aux incendies ou aux restrictions d’usage.

Dans ces secteurs, la décote climatique peut venir de trois canaux simultanés : moindre croissance, marges plus faibles, taux d’actualisation plus élevé.

9. Les secteurs susceptibles de bénéficier d’une prime de valorisation

À l’inverse, certaines activités pourraient bénéficier d’une amélioration structurelle de leurs perspectives.

Les principaux bénéficiaires potentiels sont les entreprises positionnées sur :

  • génie climatique ;
  • climatisation ;
  • ventilation ;
  • efficacité énergétique ;
  • isolation ;
  • traitement et recyclage de l’eau ;
  • maintenance énergétique ;
  • infrastructures de résilience climatique ;
  • logiciels d’optimisation énergétique ;
  • capteurs et systèmes de pilotage des consommations.

La logique est financière : ces entreprises peuvent bénéficier d’une croissance plus visible, de marchés adressables plus larges, d’une demande moins cyclique et d’un profil d’investissement soutenu par les dépenses d’adaptation.

McKinsey estime que les besoins d’adaptation liés à la chaleur et à la sécheresse représentent plus des trois quarts des dépenses nécessaires dans son scénario à 2 °C, ce qui confirme l’importance économique des marchés liés au refroidissement, à l’eau, aux bâtiments et aux infrastructures.

Pour les investisseurs, ces entreprises peuvent apparaître comme des actifs de croissance ou de résilience. Dans une valorisation, cela peut se traduire par des hypothèses de croissance plus élevées, une meilleure visibilité des flux et, dans certains cas, des multiples supérieurs.

10. Les conséquences pour les missions de valorisation XVAL

Pour les professionnels de l’évaluation, la véritable question n’est pas de savoir si une canicule exceptionnelle doit entraîner une décote immédiate.

La question est plus technique : le changement climatique modifie-t-il durablement les hypothèses financières de l’entreprise ?

L’analyse doit désormais porter sur :

  • la résilience du modèle économique ;
  • l’évolution normative des marges ;
  • les besoins futurs en CAPEX ;
  • l’évolution du BFR ;
  • l’exposition géographique des actifs ;
  • la dépendance à l’eau et à l’énergie ;
  • la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement ;
  • le coût du financement futur ;
  • l’assurabilité des actifs ;
  • la profondeur du marché acquéreur.

Autrement dit, le climat devient progressivement une variable de valorisation au même titre que la croissance, la rentabilité, la structure financière ou le risque sectoriel.

Les travaux académiques récents confirment cette évolution. L’article publié dans Nature par Kotz, Levermann et Wenz estime que l’économie mondiale est déjà engagée vers une réduction de revenu de 19 % dans les 26 prochaines années, indépendamment des choix futurs d’émissions, avec une fourchette de 11 % à 29 %.

Cette donnée ne signifie pas qu’il faut appliquer mécaniquement une décote de 19 % aux entreprises. Elle signifie que les modèles financiers ne peuvent plus supposer que les tendances climatiques resteront neutres sur la croissance, les coûts, les actifs et les taux.

Pour XVAL, l’enjeu est donc d’intégrer le risque climatique avec méthode : distinguer l’aléa ponctuel du risque structurel, identifier les impacts sectoriels, analyser les CAPEX d’adaptation, retraiter les performances non récurrentes et documenter les hypothèses retenues.

C’est probablement l’une des évolutions les plus importantes que connaîtra la pratique de l’évaluation d’entreprise au cours de la prochaine décennie.


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